Wednesday, October 12, 2016

En Haïti, conseils de prévention à adopter face au choléra

Par RFI



Port-Salut, après le passage du cyclone Matthew

En Haïti, après le passage de l’ouragan Matthew, l’heure est aux consignes sanitaires d'urgence. Le professeur Renaud Piarroux, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (missionné par l’ambassade de France en Haïti en 2010 pour étudier l’épidémie de choléra), détaille les mesures selon lui à adopter pour prévenir le risque de contamination du choléra et donne des conseils à suivre en cas d’apparition de symptômes de la maladie.

Message de prévention (en Créole)Renaud Piarroux, professeur spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille 12/10/2016 - par Romain Lemaresquier Écouter


« La première précaution à prendre est de boire une eau qui n’est pas contaminée par le choléra et qui a donc été traitée, en particulier en utilisant des tablettes de chlore. Il faut également faire très attention aux aliments qui ont pu être manipulés avant le repas et les consommer chaud. Il y a aussi des risques si on est en contact avec des malades, en particulier si on est en contact avec un malade qui est décédé du choléra : il faut faire très attention ! Le dernier conseil à donner : dès que l’on ressent une diarrhée, des vomissements il ne faut pas tarder et aller vers des centres de traitement. »

« Si on est isolé, il faut essayer de se réhydrater car le choléra tue par déshydratation dû à la diarrhée et aux vomissements. Mais il faut tout faire pour se rendre dans un centre de soins de manière à avoir une réhydratation tout à fait correcte. Le choléra peut entraîner des diarrhées et vomissements tellement importants que la déshydratation peut conduire au décès en quelques heures (en moins de vingt-quatre heures). La plupart du temps il faut compter plutôt un ou deux jours pour développer les symptômes à leur maximum. Donc on a le temps d’aller se faire soigner pendant ce délai. »


 A (RE)LIRE Haïti : le dernier bilan de la protection civile

Illustration: HCN

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Saturday, September 17, 2016

50 % des frais de santé sont à la charge des patients

ParHarrios Clerveaux
Le National

Selon le rapport de la Banque mondiale (BM) paru à la fin du mois d’août 2016, 50 % des frais de santé sont à la charge des patients se faisant ausculter au pays. Taux alarmant, selon la Banque mondiale qui déplore que cette situation arrive dans un contexte où la majorité des ménages vivent sous le seuil de la pauvreté.

La part du budget accordée au système sanitaire haïtien est à peine de 5 %, alors que ce chiffre est bien inférieur aux 15 % recommandés dans la déclaration d’Abuja publiée en septembre 2000 sous les auspices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), informe la Banque mondiale. « Dans cette enveloppe, seulement 22 % des financements sont alloués à des dispensaires ou des centres de santé, établissements qui, en dépit de leur petite taille, fournissent 87 % des prestations de soins de santé en Haïti. 


Près de 33 % des investissements ont été affectés aux hôpitaux. Seulement 5 % de la population disposent d’une assurance médicale », évoque-t-elle, observant par ailleurs que les habitants de la zone métropolitaine de Port-au-Prince profitent davantage des dépenses de santé que l’Haïtien moyen.
« 50 % d’entre eux consultent des prestataires publics, contre 43 % de la population en milieu rural où vit la majeure partie des pauvres que compte le pays »--Banque mondiale, Haiti
L’un des problèmes du système sanitaire haïtien, à en croire le rapport, c’est que l’essentiel des frais de fonctionnement est affecté aux salaires. Ce qui comprime les budgets de fournitures cruciales comme les vaccins et les médicaments. « Le personnel administratif représente environ 40 % de l’ensemble des effectifs dans les établissements de soins de santé primaire. Ce qui constitue un obstacle majeur à une bonne prestation de services à l’égard des patients », écrit-elle.

 Pourtant, récemment, la question salariale a conduit à la fermeture pendant 5 mois de pratiquement tous les hôpitaux publics du pays. Le taux d’interactions quotidiennes avec les patients par agent de santé représente environ les deux tiers du taux du Liberia et 35 % des taux du Cambodge et du Rwanda. Pour la BM qui a fait ce constat, cela s’explique en grande partie par le fait que les personnes payées pour un travail à temps plein dans les cliniques n’y sont présentes qu’à temps partiel. Mais ce n’est pas tout. À l’occasion d’une rencontre entre la ministre de la Santé, Daphnée Benoit Delsoin, et les parlementaires, au Parlement, le député Sinal Bertrand a déclaré au terme de cette rencontre qu’il était sorti avec la conviction que la corruption gangrène le ministère de la Santé en Haïti. Pas moins de 33 millions de gourdes se sont évaporées au niveau du département du Sud sans justification aucune. Dans le Nord-Est, 12 millions de gourdes ont été dépensées au nom de cette direction sans pouvoir retracer les montants, selon un article de Nocles Débreus publié dans Le National.

 Pourtant le système sanitaire ne cesse de faire face à de grands défis. Entre autres, les professionnels de santé sont insuffisants. En effet, 9,5 agents médicaux pour 10 000 habitants, un ratio nettement inférieur aux moyennes régionales…

Harrios Clerveaux
hclerveaux@lenational.ht

Illustration: HCN

Tuesday, August 30, 2016

Haiti: La lutte contre le choléra est inéfficace (Le Matin)

Le manque d'argent se fait criant, avec 500 cas de choléra chaque semaine

Aucune séparation entre les lits de camps recouverts de bâches plastiques pour ces hommes, femmes et enfants regroupés dans un ancien hangar: au centre de traitement du choléra de la commune de Carrefour, près de Port-au-Prince, les malades ne disposent d'aucune intimité.

Consciencieusement, Djelile Pierre nourrit à la seringue sa fille de 5 ans, hospitalisée depuis trois jours. «Je ne croyais pas qu'elle allait survivre» raconte la jeune femme de 24 ans. «Elle est encore très faible et refuse d'avaler toute nourriture».

Deux enfant se baignent dans une flaque, à Delmas, un quartier de Port-au-Prince
(Haiti) ce 19 août 2016. Seuls 24%des habitants ont accès à l'eau courante.
Image: Keystone
Faute d'avoir bu une eau non traitée ou à cause d'un plat mal préparé, la fillette a été infectée par le choléra, comme près de 800'000 Haïtiens depuis le début de l'épidémie en octobre 2010.

Responsabilité des Casques bleus

L'ONU a enfin reconnu récemment, du bout des lèvres, la responsabilité de ses Casques bleus népalais dans l'introduction de la maladie en Haïti, tout en rappelant la non-recevabilité des poursuites judiciaires contre elle. Mais sur le terrain les équipes médicales s'inquiètent surtout du manque d'argent. 


Illustration: HCN. 

«Après octobre, on ne sait pas comment on va pouvoir continuer à soutenir la réponse rapide»...
...alerte Jean Ludovic Metenier, représentant adjoint de l'Unicef en Haïti. Déjà, les organisations humanitaires n'interviennent plus que pour éviter la propagation, au cas par cas.

A 60 kilomètres de la capitale, tout patient qui arrive à l'hôpital de Verrettes en souffrant de diarrhée aiguë est interrogé par les membres de l'ONG française Acted: déterminer comment il a été infecté est crucial pour éviter une dissémination de la maladie.

Décontamination

Ainsi, une équipe se rend au domicile d'un jeune hospitalisé dans la matinée. Tout en rassurant sa famille, les personnels commencent à répandre une solution chlorée dans sa petite maison aux murs de terre.

«Nous faisons une décontamination du domicile du patient et des latrines pour tuer la bactérie afin que les gens qui partagent la cour n'attrapent pas la maladie», détaille Nadine Guerrier, qui travaille pour Acted.

Dans le petit village rural, l'opération ne passe pas inaperçue et les travailleurs humanitaires rappellent à tous les curieux les consignes d'hygiène à suivre. Cette sensibilisation en urgence constitue aujourd'hui l'unique action pour contrer l'épidémie.
«On a complètement arrêté de travailler sur les infrastructures d'assainissement et d'eau potable», déplore Emilie Bernard, directrice pays pour Acted Haïti. «Donc on ne fait que mettre un pansement sur une fracture ouverte».

Structures sanitaires déplorables

Six ans après le début de l'épidémie, les structures sanitaires restent effectivement déplorables: 72% des Haïtiens n'ont pas de toilettes à domicile et, selon l'ONU, 42% des habitants n'ont toujours pas un accès sûr à l'eau potable.

Une situation d'autant plus problématique qu'avec 500 cas de choléra chaque semaine, Haïti fait face à la pire épidémie de son histoire récente. «Depuis le début de l'année, on a quand même eu 25'000 cas dans le pays», rapporte Jean Ludovic Metenier. «En République démocratique du Congo, un pays avec 10 fois plus d'habitants, il n'y a eu que 15'000 cas depuis janvier».

Que l'inquiétante crise sanitaire haïtienne n'interpelle plus la communauté internationale décourage les équipes qui agissent depuis six ans contre l'épidémie. «Le choléra on peut l'éliminer si on met les moyens», martèle Jean Ludovic Metenier. «Ebola, qui a eu la même incidence au niveau de la mortalité, a mobilisé 1,5 milliard de dollars. L'épidémie de choléra en Haïti n'a mobilisé depuis 2010 que 300 millions».

Manque d'argent

Sur le terrain, ce manque d'argent a des répercussions terribles.
«Nous recevons des traitements pour soigner 10 patients par jour», détaille Mirlène Lorcy, superviseuse du centre de traitement de Carrefour. Mais à 10h00 du matin, déjà 12 patients sont alités dans le hangar. «On prend en charge tous les malades qui viennent par eux-même, mais s'ils arrivent par ambulance on les renvoie ailleurs», explique-t-elle sans trop savoir vers quel autre hôpital les malades sont transportés.

Ce qu'elle sait en revanche c'est que faute de moyens son centre a vu le nombre d'infirmières réduit de moitié depuis juillet. Début août, l'épidémiologiste Renaud Piarroux tirait déjà la sonnette d'alarme, anticipant que la barre des 500 décès dus au choléra en Haïti pourrait «aisément être franchie. Cela ferait 200 morts de plus qu'il y a deux ans». (ats/nxp)

Source: Le Matin

Saturday, August 20, 2016

Choléra en Haïti, l’ONU admet ses fautes «du bout des lèvres»

« C’est une première », écrit le journal canadien Le Devoir, « les Nations unies ont admis leur responsabilité dans l’épidémie de choléra en Haïti qu’elles étaient accusées d’avoir déclenchée ». Pour les défenseurs des droits de l’homme « c’est un pas dans la bonne direction », « mais cette reconnaissance du bout des lèvres devra être suivie d’excuses publiques et d’un réel processus de justice et réparation ». 

Défenseurs des droits de l'homme et de victimes du choléra manifestent devant la base de la Minustah, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, le 15 octobre 2015, à Port-au-Prince.AFP PHOTO/HECTOR RETAMAL 
Le Devoir a recueilli la réaction de Pierre Espérance, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains. Il demande des dédommagements pour les victimes. « L’ONU doit prendre ses responsabilités en vue d’aider Haïti à combattre et à éradiquer le choléra », poursuit Pierre Espérance. 
« Dans toutes les missions de l’ONU dans le monde, c’est l’impunité totale, et la mission en Haïti a fait beaucoup de tort. Vol, viols collectifs, violation des droits de la personne… et jamais aucune sanction. »   -Pierre Espérance


Selon un spécialiste des Nations unies, cité par Le Devoir, les bavures de cette organisation viennent du fait que la plupart des soldats viennent des « États pauvres ». Autre problème, soulevé par Marie-Joëlle Zahar, professeur à l’université de Montréal et directrice scientifique du Réseau de recherche sur les opérations de paix : « Il n’y a pas un seul pays au monde qui est prêt à donner des troupes à l’ONU et à prendre la responsabilité d’éventuelles bavures. Malheureusement, les Nations unies sont incapables d’expliquer à quel point elles sont contraintes par les exigences des États membres. », conclut cette experte dans les colonnes du journal Le Devoir.


Source: RFI

Friday, July 29, 2016

Florida Confirms First Cases of Zika Likely Spread by Mosquitoes in Continental U.S.



Four cases of Zika infection in Miami are highly likely to have been caused by infected mosquitoes, the state Department of Health said Friday — the first documented instance of local transmission in the continental United States.

Officials believe that the area of active transmission is limited to a one-square mile area just north of downtown Miami. No mosquitoes tested have been found to be carrying the Zika virus, and the department is going door to door in the neighborhood collecting urine samples to test residents.
Miami-Dade County is one of the biggest ports of entry into the United States from countries where the Zika virus is circulating, and experts have long described it as one of the areas most at risk for the spread of the disease.

Governor Rick Scott said in a statement that the four cases involve three men and one woman. The statement did not indicate if the woman was pregnant.

“While no mosquitoes have tested positive for the Zika virus,” Mr. Scott said, the health department “is aggressively testing people in this area to ensure there are no other cases. If you live in this area and want to be tested, I urge you to contact the county health department.”

Governor Rick Scott said in a statement that the four cases involve three men and one woman. The statement did not indicate if the woman was pregnant.

“While no mosquitoes have tested positive for the Zika virus,” Mr. Scott said, the health department “is aggressively testing people in this area to ensure there are no other cases. If you live in this area and want to be tested, I urge you to contact the county health department.

Sources : NYT, CBS Miami

Monday, July 18, 2016

Sida: infections en hausse dans plusieurs régions


Si le nombre de nouvelles infections d'enfants a diminué de quelque 70%, la baisse s'est tassée chez les adultes.

La lutte pour éradiquer l'épidémie du sida d'ici 2030 dans le monde est mise à mal. Les nouvelles infections d'adultes dans plusieurs régions ont augmenté ces cinq dernières années, dit un rapport présenté mardi à Genève.

«Nous tirons la sonnette d'alarme», a déclaré devant la presse le directeur général d'ONUSIDA Michel Sidibé en présentant le document, à quelques jours de la Conférence internationale sur le sida. En une quinzaine d'années, le nombre de nouvelles infections d'enfants a diminué de quelque 70% et ce recul se poursuit.


En revanche, la baisse s'est tassée chez les adultes. «Cette situation me fait peur», dit M. Sidibé qui demande une «action urgente». Selon les estimations, 1,9 million d'adultes ont été infectés par le sida chaque année sur les cinq dernières années au moins. Ce chiffre est loin des 3 millions d'il y a une quinzaine d'années, mais il stagne.

La prévention doit être augmentée de manière urgente auprès de cette catégorie de population, estime ONUSIDA. Dans l'est de l'Europe et en Asie centrale, la hausse annuelle de ces nouveaux cas entre 2010 et 2015 s'est établie à 57%. Après neuf ans de baisse régulière dans les Caraïbes, une augmentation de 9% a été observée. Elle atteint aussi 4% au Proche et Moyen-Orient. Et 2% en Amérique latine.

Baisse en Afrique

Quelques régions ont pu améliorer la situation. Mais la baisse est limitée en Amérique du Nord, en Europe occidentale et centrale et en Afrique de l'Ouest. Elle atteint 3% en Asie/Pacifique et 4% dans le sud et l'est de l'Afrique, continent où pour la première fois davantage de personnes accèdent à un traitement que le nombre de nouvelles infections.
Il y a deux ans, les populations les plus exposées comme les gays, les transgenres, les travailleurs du sexe et leurs clients, les consommateurs de drogue et les détenus constituaient plus d'un tiers des nouvelles infections. En Russie ou en Ukraine, qui totalisent environ 90% des nouveaux cas dans l'est de l'Europe, la discrimination des plus vulnérables risque d'élargir l'épidémie à l'ensemble de la population.

Si ces personnes n'ont pas accès à un encadrement, il ne sera pas possible d'éradiquer l'épidémie, insiste aussi M. Sidibé. Les consommateurs de drogue ne totalisent plus que 50% des nouveaux cas dans ces pays, contre une quasi-totalité auparavant. Egalement en cause, la complaisance face au virus augmente.

Par ailleurs, seules 57% des personnes infectées dans le monde savent quelle est leur situation. Au total, 46% ont accès à un traitement antirétroviral et moins de 40% vivent avec un virus maintenu à une faible dimension. Bien loin de la volonté affichée sur ces éléments par l'ONUSIDA.

20% de financement pour la prévention

Un tiers des nouvelles infections sont transmises par des personnes qui ne savent pas qu'elles sont atteintes. Et environ 60% par celles qui n'ont pas accès à un encadrement adapté.

Pour améliorer la prévention, des programmes doivent être mis en œuvre pour les jeunes femmes et leurs partenaires dans les régions très touchées. Ces jeunes femmes constituent trois quarts des nouvelles infections en Afrique subsaharienne, où se trouvent la moitié des personnes qui vivent avec le VIH. Parmi les autres recommandations, les campagnes pour les préservatifs doivent être renforcées partout dans le monde.

En une quinzaine d'années, le nombre de personnes qui ont accédé à un traitement a été multiplié par 70 et le coût a été divisé par 100. Mais en terme de financement, les contributions internationales ont diminué à environ 8 milliards de dollars en 2015.
Les pays à revenu bas ou moyen ont dépensé 57% des quelque 19 milliards financés la même année. Selon ONUSIDA, un quart du montant devrait être attribué à la prévention, mais ce taux n'atteint que 20% actuellement.

(ats/nxp)

Source: Le Matin

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Tuesday, June 28, 2016

Cap-Haitien: des lits du centre hospitalier (Justinien)en guise de barricades (vidéo)



On se rappelle que des médecins-résidents sont en grève depuis près de trois mois au Cap et à Port-au-Prince, réclamant de meilleurs salaires et des conditions de travail satisfaisantes.